De la pluie et du beau temps

Un tout récent billet de blog sur le site web météoSuisse du très officiel Office fédéral du même nom – et auquel j’ai ajouté un petit commentaire à mon propre étonnement – traite de façon pertinente et plutôt inattendue de l’évolution du champ lexical, ici bien sûr dans le registre de la météorologie.

Avec ce petit texte empreint d’une fine réflexion plus large et profonde qu’il pourrait y paraître au premier abord, il deviendra désormais difficile de se contenter de parler de la pluie et du beau temps. D’abord parce que, comme il est dit, les temps de sécheresse dans lesquels nous entrons ne permettent plus d’assimiler sans autre le second à l’absence de la première (imagine-t-on celui qui s’aventure dans le Sahara louer le « beau temps » sous le soleil dardant ses rayons ou plutôt lors d’une inopinée ondée rafraîchissante ?). Ensuite parce que le souci des contenus et de la forme, à propos de ce qui est distillés aujourd’hui à tous vents dans des écrits omniprésents sur toutes sortes de médias plus ou moins sociaux, ne semble pas être des plus répandu. Le fait que ce souci transpire dans le cas du billet en question montre que chaque occasion permet de réfléchir à une évolution problématique en cherchant des solutions, chose rarissime dans les médias précités.

La question, soulevée fort à propos, est la suivante : la transmission de l’information (ou du savoir, ou de la réflexion, on peut élargir le propos à l’envi) se fait-elle mieux en gardant une façon de s’exprimer traditionnelle transmise par les générations quitte à ne plus traduire les évolutions contemporaines, ou alors en s’adaptant aux transformations du jour avec des expressions dont la nouveauté peut prêter à confusion, ou encore en se contentant de simples mots-clés descriptifs très vites lassants et qui, ne nécessitant plus la moindre gymnastique intellectuelle, perdent très vite toute accroche dans leur platitude même ? Ma proposition, certes pas très originale, consiste à mixer les deux premières approches sans craindre les explications nécessaires (qui peut-être ne le seront plus un jour prochain, ou plus lointain), tant il est vrai que ceux qui se contentent de formules à l’emporte-pièce se révèlent aussi souvent être les mêmes qui, hélas, ne se posent pas beaucoup de questions !