Le temps des cerises ?

Billets, articles, surtout, aussi deux ou trois avis, histoires et communiqué, en voici une cinquantaine que j’ai publié ici en ayant, comme on dit, (presque) pas vu le temps passer. Plus largement, voilà déjà une année que je démarrais ce site avec l’intention d’y déposer et d’y mettre au jour quelques plantes ou arbres à faire pousser. Je ne suis pas sûr de m’être bien rendu compte du travail d’entretien, tonte, plantage, taille et semis que les diverses pages d’une telle installation pouvaient impliquer. C’est en particulier le cas pour les soins apportés à mon blog dont certains, je devrais dire certaines, n’ont semble-t-il pas encore trouvé le mode d’emploi (à l’accueil, c’est pourtant difficile de faire plus simple !). Peut-être faut-il seulement être un peu patient. Après tout, aller cueillir les pommes d’or du jardin des Hespérides ne s’est pas fait en un jour, et entreprendre le voyage d’Extrême Occident nécessite toujours quelque hardiesse, ou au moins du répondant.

Concernant mon travail ici, j’estime jusque-là m’en être honnêtement ou même bien tiré pour un jardinier qui n’a été professionnel, et payé à ce titre, que quelques étés de mon adolescence grâce à la bonne volonté de feu Marcel Briant (décédé moins d’un an avant son fils Henri), qui m’avait employé à ce titre dans sa petite entreprise. C’est là que j’ai appris à manier le sécateur qui me sert encore aujourd’hui, et pas seulement pour tailler ma barbe et ma plume.

Surtout, j’espère que les lecteurs qui consacrent du temps à mon jardinage philosophique et existentiel y prennent plaisir et agrément. (Cela même si, pour ce qui est de la fin des illusions sur l’intérêt que peut susciter un homme qui parle de l’homme en lui à d’autres hommes – c’est là l’objet de mes soins, mais c’est aussi valable pour les femmes j’espère –, je crois ne le céder que de fort peu à l’ami Montaigne. Je le dis d’autant plus volontiers que pour ce qui concerne le sens de l’existence et sa recherche, on pourrait dire sa philosophie, je l’apparenterai plutôt à ce que j’ai connu de la démission paternelle qui m’a servi de repoussoir.) Mais entretenir l’espoir, ce désir toujours en exil, ne coûte à vrai dire pas beaucoup.

La motivation et l’énergie pour reprendre mes propos à la rentrée n’étant pour le moment pas remises en cause, je compte vous retrouver à ce moment-là pour la poursuite de ceux-ci, sur certains des thèmes déjà abordés et peut-être avec quelques idées nouvelles. Après, donc, le temps des cerises.

D’ici là je vous souhaite de bonnes lectures, de celles qu’on trouve dans les livres que les auteurs ont eu plaisir à cultiver et que l’on a plaisir à (déc)ouvrir.